Pèlerinage des 88 temples SHIKOKU JAPON

Située dans la Mer Intérieure du Japon en face d’Hiroshima, Shikoku est l’une des quatre grandes îles de l’archipel japonais. Assez proche de l’île principale Honshu, on y accède par des ponts traversant plusieurs îles.

Surnommé le « Compostelle japonais », le pèlerinage de Shikoku est une boucle de 1200 km rythmée par 88 temples sur les pas de Kukai, le fondateur du bouddhisme Shingon. Kukai, qui serait entré en méditation définitive en 835, proclamait que tout le monde peut atteindre le nirvana, même les femmes ! Ce légendaire chemin sacré du Japon est donc parcouru chaque année par des milliers de pèlerins et de pèlerines vêtus de blanc et bâton à la main qui ont tenté l’aventure à pied, très bien accueillis par les habitants de Shikoku.

 

Le pèlerinage des 88 temples est divisé en 4 grandes étapes évolutives, correspondant géographiquement aux 4 préfectures de l’île : Tokushima à l’est de l’île représente le chemin de l’Eveil (temples 1 à 23), Kochi au sud, le chemin de l’Ascèse (temples 24 à 39), Ehime, le chemin de l’Illumination (40 à 65), et Kagawa, le chemin du Nirvana (temples 66 à 88).

 

Contrairement à Compostelle, le pèlerinage de Shikoku est une boucle, que l’on parcourt en général dans le sens des aiguilles d’une montre

 

Qui est Kukaï (alias Kobo-daishi) ?

Kukaï / Kobo-daishi (774-835)est né à Zentsu-ji (fudasyo no.75; les lieux où les pèlerins peuvent avoir une amulette après la prière)  le 15 juin 774 dans la préfecture de Kagawa. En partant de sa ville natale il est allé à la capital à l’âge de 15 et entré dans une université où il a étudié la philosophie et l’idéologie chinoise. Bientôt, il a commencé à s’interroger sur les programmes d’études universitaires qui n’ont pour but que de parvenir...
A l’âge de 24, il a rédigé « Sango-shiiki » qui raconte que le bouddhisme est le précepte ultime. Il s’est fait bonze et a commencé à faire la Sadhana en errant dans les montagnes partout dans le Japon (entre autres, les chemins qu’il a fait dans Shikoku sont devenus Shikoku-Henro)
Une nuit, il a êvé d’un sutra « Dainichi-kyo » sous la tour de l’est du Temple Kume à Yamato-no-kuni (circonscription administrative de Yamato) qui expliquait que le Bouddhisme vajrayana était les préceptes suprêmes, il a visitéle lieu pour découvrir « Dainichi-kyo ».
Alors qu’il a enfin trouvé le soutra, il n’arrivait pas à le comprendre, il n’avait pas de maître qui pouvait le lui expliquer.
Il a décidé d’aller à Chang’an, la capitale de Tang (la Chine actuelle) pour chercher son mître, pour y faire des études.
En juillet 804, à 31 ans Kūkaï est parti de Tanoura, Nagasaki en bâteau « Kento-shi » (Mission Japonaise pour Tang) pour Chang’an. Ils ont fait face aux nombreuses épreuves comme des tempêtes océaniques. Six mois après leur départ, ils sont enfin parvenus à Chang’an, la capitale deTang.
Il a visité des temples à Chang’an à la recherche de son maître. Il a fini par rencontrer Huiguo, bonze qui est le seul successeur du Bouddhisme vajraysna orthodoxe du Temple Qing Long. Huiguo a transmis tous les préceptes, tous les arcanes à Kukaï. Kukaïest devenu son succésseur orthodoxe et nommé par Huiguo comme «Henjo Kongo (quelqu’un qui éclaire le monde entier, qui est comme un métal le plus solide». 
Le bonze Huiguo a conseillé à Kūkaï de « retourner au Japon au plus tôt possible pour qu’il puisse propager le Bouddhisme vajrayāna qui devra rendre les japonais plus heureux. » Ayant le conseil d’Huiguo, Kūkaï a décidé de repartir pour Japon après seulement 2ans d’études, la période considérablement raccourcie par rapport aux 20ans prévus.
En retournant au Japon, il a fondé l’école « Shingon » sur le conseil d’Huiguo et a fait ses activités étant basé au Temple Toji à Kyoto et au mont-Koya à Wakayama. Il était non seulement un grand religieux, mais aussi un éminent homme de lettre et calligraphe, et a également fait d’importants travaux dans le domaine social. Il a obtenu des résultats remarquables dans de divers domaines.

 

Il est décédé le 21 mars 835, à l’âge de 62 ans.